Suite à la condamnation de Floyd Landis, Les poulets vous proposent un résumé et une analyse, réalisée par Antoine (merci à toi pour la clareté et la simplicité de ces explications), de l’affaire Floyd Landis pour comprendre en quelques lignes et trés simplement ce qui s’est passé.
Dans la 17e étape du Tour 2006, beaucoup d’observateurs avaient trouvé la performance surnaturelle. Ce jour-là, s’envolant vers Morzine, LANDIS avait repris près de huit minutes et avait ensuite remporté la course de trois semaines. Les prélèvements urinaires effectués ce jour là sur sa personne allaient révéler un usage d’anabolisants.

Quatorze mois plus tard le couperet tombe : Floyd LANDIS est sanctionné de deux années de suspension, sur le fondement du règlement antidopage de l’Union Cycliste Internationale, élaboré dans le respect du Code Mondial Antidopage. Les textes internationaux prévoient une suspension « automatique » d’une durée de deux ans en cas de première infraction aux dispositions antidopage.
Rien d’anormal donc, dans cette sanction, si ce n’est sa lenteur : l’américain et ses conseils ont tout fait pour retarder et encombrer cette procédure avec des avis d’experts en tous genre et des explications rocambolesques. Le vainqueur du tour 2006 a dans un premier temps expliqué sa positivité à la testostérone par une consommation d’alcool, puis par l’usage d’une crème pour sa hanche nécrosée, il a ensuite insinué qu’il avait été trompé et qu’il faisait l’objet d’une machination.
Une fois le tour 2006 quitté et le calme retrouvé auprès de ses conseils, LANDIS a enfin élaboré une défense digne de ce nom, en contestant la validité des analyses du Laboratoire National de Dépistage du Dopage de Chatenay-Malabry. Nommant une foule d’experts afin de vérifier et de mettre en doute la validité de chacune des secondes du protocole d’analyse puis de contre-analyse, sa défense va trouver une faille… des erreurs de codification des échantillons.
Les arbitres indépendants désignés par l’USADA pour trancher l’affaire LANDIS ont pu apprécier tous les arguments de défense et particulièrement les multiples rapports d’experts portant sur la validité des analyses et leurs conclusions, qui faisaient par ailleurs l’unanimité des experts indépendants. Ces derniers ne remettent pas en cause les résultats du LNDD dans cette affaire. LANDIS est bien coupable, et son usage de testostérone exogène est démontré par la technologie IRMS : l’intéressé s’est administré, le jour même ou la veille de l’étape de Morzine, de la testostérone.
Les éléments de preuve sont réunis pour entrer en voie de condamnation.
On notera tout de même certaines étrangetés dans cette procédure.
La suspension infligée à l’américain débutera au 29 janvier 2007, donc rétroactivement, à la date à laquelle l’intéressé affirme avoir cessé de participer à des épreuves internationales. Cette souplesse qui semble ici démesurée est en générale utilisée pour des infractions mineures.
Enfin il faut bien remarquer que la peine prononcée n’est absolument pas proportionnée avec la faute commise. Cette affaire à grand retentissement a eu des conséquences calamiteuses pour l’image et les intérêts du cyclisme, voir du sport en général. Il n’écope que de deux ans de suspension pour une infraction qui, est en France, sanctionnée d’une peine d’interdiction comprise entre deux et six ans. Il va sans dire que si les juges avaient disposé du même barème de sanction, nous n’aurions pas couru le risque de revoir Floyd à bicyclette.
A noter sur vos agendas :
Le sommet sur la lutte antidopage se tiendra à Paris du 22 au 23 septembre. L’UCI, l’Agence Mondiale Antidopage et les directeurs des grands tours sont conviés par la ministre des Sports, Roselyne Bachelot.
Explications ici : http://www.lesdessousdusport.fr/index.php/?2007/09/21/770-cyclisme-dopage-le-sommet-de-la-derniere-chance